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samedi 22 avril 2017

La splendeur des Lansing, d'Edith Wharton

Nick Lansing et Suzy Branch sont, dans la jet-set cosmopolite des années 20, qui erre sans cesse de Palm Beach à Londres et de Venise à Monte-Carlo, ce qu'on appelle des amis dévoués. Toujours présents pour combler votre solitude, vous rendre un menu service, compléter une table, garder une propriété, écouter vos confidences à sens unique... A condition, bien sûr, que vous soyez riche, voire très très riche. Nick et Suzy, disons-le franchement, sont tout bonnement ce qu'on appellerait aujourd'hui des pique-assiettes

Jeunes, beaux, présentant bien, mais totalement dépourvus l'un et l'autre de la moindre fortune, et aimant un peu trop, hélas pour eux, les soupers au champagne et la vie de palace, ils ont fini par se résigner à cette condition peu valorisante. Ils se croisent au détour de leur vie mondaine bien remplie - ne faut-il pas suivre les riches dans leurs périples, le printemps à Nice,  l'hiver à Saint-Moritz, l'automne à Paris ? Ils se plaisent, ils flirtent, et il leur vient soudain une idée brillante : ils s'épousent. En effet, avec tous les chèques de mariage de leurs riches amis, sans compter les multiples invitations leur proposant des cadres idylliques de lune de miel, n'y a-t-il pas moyen de vivre royalement pendant un an, voire deux ? Et si l'un d'eux voit apparaître une opportunité d'union plus rémunératrice, il suffira de divorcer.... 


Venise, où se passe une partie de l'action de La Splendeur des Lansing

Voilà nos Lansing partis sur les rives du lac du Côme, puis dans un palais vénitien, tous deux prêtés par des amis fortunés. Bonne surprise : un véritable amour naît entre les deux conjoints, qui savourent le luxe de chaque minute. Mauvaise surprise, la largesse des amis fortunés va de pair avec la demande d'accomplir quelques bassesses, comme couvrir la liaison de leur riche hôtesse partie en cure avec un autre homme que son conjoint. Nick renâcle, mais Suzy s'exécute....

La splendeur des Lansing - titre ironique, on l'aura compris - fait beaucoup penser à Fitzgerald -qui d'ailleurs l'adapta au cinéma un an après sa publication - ou encore aux débuts de Rebecca, de Daphné du Maurier. Un monde de fêtes où l'argent et le champagne coulent à flots, mais pas pour tous. Mais Edith Wharton n'a pas, contrairement à Fitzgerald, cette fascination secrète pour l'argent. Son regard acéré capte toutes les hésitations, les petits compromis, et puis la faille qui grandit de plus en plus entre les nouveaux mariés aux aspirations contradictoires. Le luxe, mais pas les services malsains. L'indépendance matérielle, mais pas la pauvreté. Le roman, très agréable à lire, vaut aussi pour son style élégant, son ton parfois caustique, ainsi que pour la finesse de l'analyse psychologique. Bref, un très bon moment de lecture, que je vous recommande chaudement. Je n'avais lu de Wharton que Chez les heureux du monde, et cela donne envie de découvrir ses autres livres. 

Et vous, des découvertes littéraires ces derniers temps ? Bon week-end ! 

4 commentaires:

  1. Voilà un roman que j'aimerais beaucoup découvrir. Merci pour cette revue :)

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    1. Je t'en prie ! c'est une lecture facile en plus. Bises !

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  2. Merci pour cette revue littéraire, je partagerai la mienne prochainement :)

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    1. Et je la lirai avec plaisir ! bisous !

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