Recherchez l'une de mes miscellanées

samedi 25 février 2017

Le pacte du petit juge, de Mimmo Gangemi

Comme vous le savez déjà, j'adore les polars.  Si j'en lis de plus en plus, ce n'est pas pour autant que tous les auteurs trouvent grâce à mes yeux. Récemment, si j'ai beaucoup aimé le chef d'œuvre de Chandler que j'avais déjà chroniqué, j'ai aussi été très déçue par La fille du temps, pourtant classé meilleur roman policier de tous les temps. Mais c'est avec un grand plaisir que j'ai dévoré Le Pacte du petit juge, de l'auteur italien Mimmo Gangemi, découvert par hasard en furetant dans les rayons de ma librairie de quartier.

Une atmosphère italienne particulièrement bien rendue


Ce que j'aime dans les polars, plus que l'action ou la complexité de l'intrigue, c'est l'atmosphère et les galeries de personnages.  Deux points que Mimmo Gangemi maîtrise à merveille. L'action du Pacte du petit juge se passe en Calabre, dans cette région âpre du Sud de l'Italie qui fait face à la Sicile. Alberto Lenzi est un magistrat jouisseur qui aime les bons repas, les sorties, les jolies femmes et les parties de jambes en l'air, en dépit de sa relation mouvementée avec Marina, une policière. Malheureusement, sa quiétude est troublée par la noirceur des enquêtes qu'on lui confie. Un chargement important de drogue, qu'il était supposé intercepter, a mystérieusement disparu. Dans la villa d'une vieille famille noble spoliée par la mafia locale, la police a retrouvé les restes d'un homme torturé à mort ainsi que les traces du massacre de trois Noirs. Alberto commence son enquête, aidé par la belle et imprévisible Chiara, sa collègue magistrate, et Lucio, son ami d'enfance. Derrière ce vol et ces meurtres, il ne tarde pas à découvrir la main de la mafia locale, toute puissante... 


Photo prise à Syracuse, en Sicile... Oui, je ne suis jamais allée en Calabre.... 

Des personnages hauts en couleur 


Bien écrit, le roman se distingue par une savoureuse galerie de personnages hauts en couleur, la qualité de ses dialogues et l'humour de son auteur. Le personnage d'Alberto, dragueur impénitent campé dans sa fierté masculine, m'a paru parfois séduisant, parfois ridicule, souvent attachant. Les conversations des notables de la ville, entre querelles de préséances et rivalités héréditaires, rythment le roman de dialogues mordants et bourrés d'ironie. Mais surtout, ce sont les figures des parrains de la mafia, les Rota, les Pinnuto, les Cortara, qui dominent le tableau. Autant de familles sanguinaires, assassins de père en fils, d'oncle en neveu, révérées et craintes, admirées et détestées, toutes désireuses de s'assurer le contrôle de la région en éliminant leurs adversaires. Parmi ces peu recommandables personnages, le vieux don Mico Rota, officiellement retiré des affaires, à qui le juge Lenzi a obtenu le droit de purger sa peine de prison à domicile pour raisons de santé. D'un côté, le juge qui sait son pouvoir limité par un système corrompu, mais qui continue, aveuglément, à rêver de justice. De l'autre, le vieux parrain, bien moins malade qu'on ne le croit, mais qui en sait certainement bien plus qu'il n'en dit. Entre les deux, un rapport ambigu s'engage...


Et vous, des lectures coup de cœur ces derniers temps ? 

mercredi 22 février 2017

Mon avis sur La La Land (attention, spoilers)

Impossible, en ce début d'année 2017, d'échapper à La La Land. Ce film a pris dès son lancement des allures de phénomène. Couverture médiatique dithyrambique, revue d'avis enthousiastes sur les affiches, multiplication des billets critiques sur les blogs, multiples récompenses et 14 nominations aux Oscars... 


Comme j'aime les comédies musicales, j'ai eu envie d'aller le voir, même si le cinéma et moi, d'habitude, ça fait plutôt deux. J'étais enthousiaste en y allant, mais j'en suis sortie plutôt mitigée et mon chéri aussi et je vais essayer de vous expliquer pourquoi.

Attention, ce billet contient des spoilers. Si vous n'avez pas vu le film et que vous voulez conserver une surprise complète, ne lisez pas ce qui suit ! 

La La Land commence comme une comédie musicale, gaie et colorée, dans l'esprit des Parapluies de Cherbourg. Nombreux airs enlevés, explosion de couleurs vives... La scène d'ouverture qui semble un plan séquence de six minutes (en réalité, coupé en trois parties) est impressionnante et posa au réalisateur de nombreuses contraintes techniques


Assez rapidement, l'ambiance change pour tourner à la comédie romantique autour d'une histoire d'amour et d'ambition assez américaine dans l'esprit. Qui n'a pas un rêve en apparence impossible qu'il rêve de réaliser ? C'est d'ailleurs la partie du film que j'ai préférée. Mia, serveuse à Hollywood, multiplie les castings ratés, en espérant décrocher un rôle sur grand écran, tandis que Seb, fou de jazz qui rêve d'ouvrir son propre club, se fait virer du restaurant qui l'emploie comme musicien d'ambiance car il s'obstine à jouer ses morceaux favoris au lieu des standards rebattus que son patron lui impose. Bien sûr, ils vont tomber amoureux...


Mais le rêve américain s'arrête là, et la dernière partie du film, nettement plus sombre, est une réflexion sur le prix de la réussite. En argot américain, "la la land" est une expression qui désigne aussi bien le quartier d'Hollywood qu'une situation déconnectée du réel


En apparence, tout va bien mais derrière la brillante façade de l'usine à rêves, un observateur avisé peut sentir le poids des épreuves passées et l'amertume ressentie face aux sacrifices qui ont été nécessaires pour atteindre le succès. Tout cela en valait-il finalement la peine ? 



Omniprésente au début avec les multiples scènes de danse, la musique s'intègre peu à peu de façon subtile dans la narration. Il y a de jolis airs (Another day of sun et le célèbre City of Stars sont, sans surprise, parmi mes préférés mais nous avons beaucoup aimé Start of Fire, la chanson interprétée en concert par le groupe The Messengers). Le début du film est une explosion de tenues rétro aux couleurs vives (oh, cette scène où Emma Stone porte des chaussures bleu klein, une robe jaune et un grand sac rouge !) et il y a beaucoup de magie et de poésie dans certaines séquences (je pense notamment à la scène du planétarium). Chapeau aux acteurs principaux qui chantent, dansent et jouent du piano sans être doublés (si Emma Stone n'est pas vraiment une chanteuse et danseuse inoubliable, Ryan Gosling est  en revanche impressionnant au piano) ! 


Surprenant par ses ambiances changeantes (sans doute ce qui m'a le plus déstabilisée, tellement je m'attendais à un feel good movie débordant de musiques gaies) La La Land reste une belle réalisation cinématographique, filmée avec virtuosité (les scènes dans la piscine !) et bourrée de références aux grandes comédies musicales d'autrefois. 

Bref, La La Land n'est pas ce à quoi je m'attendais. Je n'ai pas passé un mauvais moment, c'est un bon film qu'on apprécie encore plus en revenant sur les détails techniques, les influences cinématographiques, l'utilisation de la couleur (qui varient en fonction de l'ambiance du film et de l'humeur des personnages) l'humour de certaines scènes (notamment l'ouverture, qui met en scène l'enfer des embouteillages sous l'invariable soleil californien). Mais je n'ai pas éprouvé de grand frisson non plus. La faute à un battage médiatique trop important ? En revanche, ça fait trois jours que j'écoute la BO en boucle sur Youtube ! 

Et vous, vous avez vu La La Land ? Qu'en avez-vous pensé ? 

samedi 18 février 2017

A la découverte de l'île de Wight #2 Osborne House

Bonjour, j'espère que vous allez bien ! Ici, la semaine a été si chargée que je n'ai pas eu le temps de poster mercredi, j'en suis désolée. Voici ce matin la suite et la fin de notre balade à travers l'île de Wight, avec une autre visite incontournable sur cette belle île : Osborne House !

Osborne House fut construite au milieu du XIXe siècle pour être la résidence d'été de la reine Victoria, qui adorait l'île de Wight (on la comprend) ! Victoria  y vécut très souvent après son veuvage, durant l'été bien sûr mais aussi les fêtes de fin d'année. 


La façade d'Osborne House. Le prince consort Albert aurait dessiné les plans de ce château d'inspiration Renaissance italienne. 



Victoria dans sa jeunesse, par Winterhalter. Comme à son l'habitude, le peintre s'est efforcé d'embellir la jeune femme, au physique plutôt ingrat si l'on en croit ses contemporains. 


La reine Victoria mourut à Osborne House, dans cette chambre verte, en janvier 1901. 


Les appartements royaux à Osborne House illustrent le style victorien : confortable, certes, avec abondance de tissus, coussins, tentures, tapis, rideaux, mais chargé et lourd...


La salle à manger, avec ses plafonds superbes


Détail de la table, avec ses magnifiques arrangements de fleurs et de fruits


Les jardins derrière le château


L'allée du jardin descend vers la mer. Victoria y avait sa plage privée. La mode des bains de mer faisait fureur à cette époque. 


Même  en ce mois d'octobre, le jardin d'Osborne House est magnifique, avec ses parterres de verdure soigneusement étagés !


Admirez ces escaliers à double révolution qui permettent d'accéder au jardins par l'arrière du château.


Ce banc rappelle le souvenir de John Brown, fidèle serviteur de la reine Victoria. La rumeur concernant l'exacte nature de leur relation fit beaucoup de bruit à l'époque. Victoria fut enterrée avec des souvenirs de ses proches, des effets personnels de son mari mais aussi avec la photo et une mèche de cheveux de John Brown. 

En espérant que cette promenade vous a plu, je vous souhaite un très beau samedi. 

Et vous, connaissiez-vous Osborne House ou une autre demeure royale britannique ? 

samedi 11 février 2017

Les miscellanées du samedi #8

Bonjour ! J'espère que vous avez passé une bonne semaine ! Cette semaine a été un peu particulière pour moi, j'avais des cours sur une semaine de vacances et j'étais toute seule à la maison. Bon, pas vraiment, il y avait Kitsune pour me tenir compagnie. Et histoire de trouver le temps moins long et la solitude moins pesante, j'avais programmé quelques sorties sympathiques. 

Cette semaine, j'ai aimé :

Déjeuner à l'Heure Gourmande avec une amie 


L'Heure Gourmande, c'est un ravissant salon de thé qui propose aussi quelques salades et plats chauds, situé dans un petit passage si calme qu'on ne croirait pas être au cœur du 6e arrondissement de Paris. L’accueil est charmant et la décoration raffinée. J'ai vaillamment résisté à toutes ces pâtisseries toute plus tentantes les unes que les autres qui me faisaient de l’œil, et opté pour une salade "Golf" qui était tout simplement délicieuse, avec un bon cocktail de fruits.


L'heure Gourmande, 22 passage Dauphine 75006 Paris, métro Mabillon ou Odéon

Faire un soin Hydra-Expérience


Dans ma ville, il existe un salon très sympa qui propose à la fois des prestations de coiffure et d'esthétique. J'y suis allée faire un soin mixte que je connaissais déjà, l'Hydra-Expérience. Au début, il s'agit d'un soin du visage classique : gommage, vapeur, extraction des comédons, pose de masque hydratant. J'aime beaucoup les soins du visage, mais le moment du masque est toujours embêtant : il faut attendre la fin du temps de pose, on s'ennuie, on a froid... Mais ici, rien de tel, une fois le masque posé, le soin devient massage des épaules et de la nuque, ce qui détend parfaitement, réchauffe et efface les tensions dans cette zone du corps connue pour les ressentir particulièrement. Une vraie merveille !


Découvrir Grand Hôtel, une nouvelle série en costumes 


La jaquette annonce "si vous avez aimé Downton Abbey, vous adorerez Grand Hôtel" ! Etant une grande fan de Downton Abbey (ça me fait penser que je devrais faire un billet sur mes séries préférées !) j'ai commencé avec plaisir la première saison de cette série espagnole. Et j'ai bien accroché, même si à mon sens c'est assez différent de Downton Abbey


L'action démarre en 1905 dans un grand hôtel situé sur la côte espagnole. L'hôtel, simplement fabuleux (c'est le palais royal de la Magdalena, près de Santander, qui a été utilisé pour le tournage) est géré d'une main de maître par la signora Térésa Alarcon, veuve du fondateur, et son directeur Don Diego, le fiancé de sa fille Alicia. Par un beau matin, le jeune Julio se présente à l'hôtel, à la recherche de sa sœur Cristina, qui y travaille comme gouvernante. On lui oppose une fin de non-recevoir : accusée d'un vol, Cristina a été renvoyée de l'hôtel quelques temps avant. Mais cette version ne convainc pas Julio, qui profite d'un quiproquo pour entrer à l'hôtel en qualité de serveur et commencer sa petite enquête pour retrouver sa sœur.... Dans sa quête de vérité, il obtient rapidement l'aide de la belle Alicia...


Comme dans Downton Abbey, on retrouve des décors de rêve, des costumes d'époque magnifiques, et le jeu trouble des relations entre les maîtres, la famille Alarcon et sa parentèle, et les valets, la nombreuse domesticité de l'hôtel, à la hiérarchie soigneusement établie. Mais le rythme est très différent et l'intrigue policière prenante dès le début. 


Faire des crêpes !


Et alors, c'est bien la Chandeleur, non ? Enfin, c'était ! J'aime beaucoup les crêpes, et j'ai profité de ce prétexte pour en faire à deux reprises. Salées, au jambon avec un oeuf au plat, et sucrées, avec du chocolat ou de la confiture de fraises. Miam !



Bon week-end ! 

mercredi 8 février 2017

A la découverte de l'île de Wight #1 The Needles

Bonjour ! Aujourd'hui je vous emmène dans un coin d'Angleterre magnifique : l'île de Wight, que nous avons découverte à l'automne dernier. Cette île verdoyante est surnommée "le jardin de l'Angleterre" et ce fut un vrai coup de coeur pour mon chéri et moi. 

The Needles (les aiguilles, en anglais) est un site naturel situé à la pointe ouest de l'île, composé de trois stacks de grès qui s'avancent dans la mer, derrière de magnifiques falaises. 



Sur la route des Needles, admirez les superbes nuances des falaises ! Le soleil jouait sur le grès, c'était magnifique. Comme vous le constatez, nous avons eu la chance de découvrir les Needles par une matinée ensoleillée. 



Au milieu des pointes de grès, il y a un petit phare, et sur la falaise dominant les Needles, se dresse un petit fort très bien conservé. La promenade à flanc de falaise du parking jusqu'au fort est ravissante. Je me rappelle encore la fraîcheur de l'air marin et le calme émanant de ce paysage lumineux, sans le moindre bruit. 




Le fort des Needles "Old Battery" se visite. Lors de notre passage, l'Union Jack battait fièrement au vent ! 



Si le fort n'abrite plus de troupes depuis les années 1950, les canons, eux, sont restés à leur poste, toujours braqués vers la mer. J'ai beaucoup aimé les voir, ayant une passion pour l'artillerie (ne riez pas, enfant, je collectionnais les canons miniatures, au grand dam de mes professeurs. Pas très étonnant au fond que je sois tombée amoureuse d'un historien militaire ! )




Un sympathique petit musée retrace la vie sur les lieux pendant la guerre. Le fort abritait alors une garnison chargée de scruter l'horizon à la recherche d'un bâtiment ennemi. 



Non, mon capitaine, il n'y a rien à l'horizon ! 

Cette petite pièce au sommet du fort est dotée d'étroites fenêtres offrant une vue imprenable sur la Manche et le Solent, le détroit qui sépare l'île de Wight de l'Angleterre. Elle est également équipée d'un petit poêle.





Elle présente quelques photographies d'époque et ce message émouvant, ci-dessous. 100 m.p.h, c'est tout de même 160 km/h ! Ça devait être très impressionnant !


J'imaginais ces hommes enfermés dans cette pièce lors d'une tempête hivernale, loin de leurs familles, alors qu'autour d'eux régnaient le froid, le vent et la guerre, vivant dans l'incertitude du lendemain mais trouvant tout de même un réconfort dans cette source de chaleur.

Et vous, connaissez-vous l'île de Wight ? En espérant que cette petite balade anglaise vous a plu, je vous souhaite une excellente journée !

samedi 4 février 2017

Mes 5 comptes préférés sur Instagram

Bonjour ! J'espère que vous avez passé une bonne semaine. La mienne a été chargée avec pas mal de cours, d’événements en plus et des visites de notre famille. Du coup j'ai eu peu de temps pour moi, et aujourd'hui, au lieu des miscellanées habituelles du samedi, je vous propose de découvrir quelques-uns de mes comptes préférés sur Instagram.

Instagram est un réseau social pour lequel j'ai une affection particulière, car c'est par lui que je suis revenue aux réseaux sociaux puis à la blogosphère. Je suis mes copines, les blogueuses dont j'aime les univers et surtout je fais le plein de belles images, avec une prédilection pour les photos de paysages et de Paris. Voici mes 5 comptes préférés !

Littéralement, "au-dessus de la tête" en russe. C'est un compte collaboratif sur le thème du ciel, du soleil et des nuages. Comme on dit là-bas, "en Russie, le ciel est plus large". Le compte ne se limite toutefois pas à la Russie mais invite à "partager la beauté" de sites du monde entier. L'occasion de découvrir des paysages fabuleux. 

Ce photographe russe prend essentiellement des photos de Saint-Pétersbourg et de sa région. Bon ok, j'ai habité à Pétersbourg et j'adore la Russie, mais à chaque fois je reste baba devant son talent. Il réalise des photos oniriques en jouant avec la pluie ou la brume. Sous son objectif, le paysage se mue en oeuvre d'art. Je suis fan ! 

Plus près de nous, ce compte collaboratif met en valeur le magnifique patrimoine naturel de l'Auvergne. Je l'avais découvert en postant des photos de la Haute-Loire car ils avaient eu la gentillesse de liker mes photos. 




Ce compte d'une étudiante en marketing et publicité met en avant la beauté de Paris, sous tous les angles et par toutes les saisons. Je suis une amoureuse de Paris, et même si je connais bien les endroits qu'elle photographie, c'est toujours un plaisir de voir cette ville superbe à travers son regard. Elle a un vrai talent ! 

Ce compte permet à Adeline et Tony, un couple de blogueurs voyage, globe-trotters infatiguables, de partager les plus belles photos de leurs expéditions. Petit plus appréciable, les longs commentaires qui accompagnent chaque publication, pour découvrir un peu de la réalité du pays derrière la belle image qui fait rêver. Ils tiennent un blog aussi, qui a été élu "blog voyage Espoir 2016". Alors, à vos passeports ? 


Et vous, des comptes Instagram à faire découvrir ? 

mercredi 1 février 2017

Expo : Icônes de l'art moderne, la collection Chtchoukine

S'il y avait une exposition qui me tentait cet hiver, c'était bien celle-là ! Jusqu'au 5 mars, la fondation Louis Vuitton présente en effet un ensemble unique de cent trente tableaux "modernes" (ie : des impressionnistes jusqu'au suprématisme russe) en provenance directe des deux plus grands musées de Russie : le musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg et la galerie Trétiakov à Moscou. Nous l'avons visitée il y a deux semaines maintenant et je n'ai pas été déçue : c'était tout bonnement exceptionnel.

Les affiches de l'expo sont toutes superbes, mais ma préférée, que j'ai achetée d'ailleurs, est celle-ci.

Cette collection hors normes est le fruit du travail d'un amateur d'art passionné : Serguei Ivanovitch Chtchoukine (1854/1936). Issu d'une riche famille de marchands, Chtchoukine, tout comme le reste de sa famille, est un passionné d'art. Ses frères, bien avant lui, ont commencé des collections de tableaux. 



Portrait de Chtchoukine, Krohn *

C'est en 1898 qu'il acquiert son premier Monet. S'ensuit une longue série d'achats qui viennent orner les murs du palais Troubetskoï, dans lequel Chtchoukine et sa femme ont décidé de s'installer, au coeur de Moscou. Pissaro, Degas, Monet, Toulouse-Lautrec, Renoir, Van Gogh, Cézanne : Chtchoukine a l'oeil sûr, il choisit les œuvres des plus grands. 



Une dame dans un jardin, Monet *

Visionnaire, il pressent dès le début du XXe siècle l'émergence de l'art moderne, et se passionne, au grand dam de ses contemporains, pour le travail des cubistes (notamment Picasso, dont il possède près de cinquante toiles) et surtout des fauves, à commencer par Derain et surtout Matisse dont il sera l'un des plus grands admirateurs. C'est pour le palais Troubetskoï que Matisse peint deux oeuvres majeures, La Danse et La Musique. Personnellement, j'aime beaucoup les peintres fauves, je me suis donc régalée avec certaines salles. 



La Danse, Matisse * 



La dame en vert, Matisse *



Vue de Collioure, Matisse *
Vous voyez, je vous l'ai dit, j'adore le fauvisme....

Le Russe développe aussi une passion pour Gauguin, dont il expose les oeuvres sur le même mur, quasiment du sol au plafond, à la façon d'une iconotase. A compter de 1908, il ouvre son palais aux visiteurs, tous les dimanches. Seule la guerre, qui rompt les échanges postaux entre la France et la Russie, met un coup d'arrêt à sa fièvre collectionneuse. Chtchoukine quittera l'Union Soviétique en 1918 avec sa seconde épouse et leur petite fille, pour finir ses jours en France, et sa collection sera nationalisée sur ordre de Lénine. 



On l'appelle Vaïaraumati, Gauguin *

Une belle découverte de cette expo, plutôt inattendue, fut le suprématisme russe. De Malevitch par exemple, je ne connaissais que le fameux Carré noir sur fond blanc et je n'étais guère emballée par sa quête extrême de l'abstraction. J'ai découvert lors de cette exposition d'autres facettes de son oeuvre et j'ai été séduite par la force et la couleur de ses toiles. Le constructiviste Tatline m'a beaucoup plu également, avec un coup de cœur pour le nu ci-dessous. 




Le baigneur, Malevitch




Paysanne avec seaux (détail), Malevitch




Nu, Tatline

Bref, vous l'aurez compris, je ne saurais que trop vous recommander cette exposition. En revanche, prenez vos précautions : réservez vos billets en ligne pour éviter deux bonnes heures de queue. Les réservations sont complètes environ une semaine à l'avance, il vaut mieux anticiper. Un très bon point par contre : les photos sont autorisées, mais sans flash. 



Intérieur du bâtiment de la Fondation. Jeux de lumière et d'eaux.... 

NB : les visuels marqués d'un * sont empruntés au site de l'exposition, toutes les autres photos me sont personnelles. 

En espérant que cet aperçu vous aura plu, je vous souhaite une excellente soirée ! A bientôt !